mercredi 9 mars 2011
Et Strasbourg créa sa marque !
Et bien moi je dis que ça c'est du bon boulot. Efficace, fondamental, intéressant, ô combien pratique, moderne, accrocheur, génial, progressiste et même un peu marrant.
L'objectif est de "rappeler le positionnement de Strasbourg (pour ceux qui l'auraient oublié ou ne l'auraient jamais su) qui repose sur 5 valeurs, les 5 E :
Européenne, Entreprenante, Expérimentale, Ecologique et Ethique.
Détaillons un peu :
1° Européenne : bon ok, Strasbourg l'est un peu quand même avec ses 12 sessions annuelles du Parlement européen (mais pour combien de temps encore), sa Cour européenne des droits de l'homme, son Conseil de l'Europe, mais aussi son positionnement géographique.
2° Entreprenante : c'est celui qui dit qui l'est !!!
Selon le dictionnaire de l'Académie française, "entreprenant" se dit de quelqu'un qui fait preuve d'esprit d'initiative, d'audace et d'énergie dans ce qu'il entreprend.
C'est vrai que le Vél'hop c'est audacieux au moins dans le nom et que l'éternel capitale de Noël avec son toujours et même super-géant-sapin-de-Noël-qui-est-tellement-grand-que-c'est-le-deuxième-plus-grand-du-monde-après-celui-de-Rockfeller-Center-de-New-York, relève de l'esprit d'initiative.
Quant à la zone 30 km/h géante en ville, on doit se trouver dans la partie énergie de Strasbourg l'entreprenante.
3° Expérimentale : Toujours la zone 30km/h géante en ville, mais aussi Strasbourg, première ville française de 470 000 habitants avec son club de foot en National, mais encore la politique de non déneigement quand il neige sinon à quoi ça sert…
4° Ecologique : dans une liste de 5 "E", heureusement qu'il y est celui-là.
Soit dit en passant, rouler en seconde à 30 km/h en ville c'est pas gagné pour le côté écolo de Strasbourg.
5° Et le meilleur pour la fin… Ethique.
Je reprends la définition donnée sur le site de la Ville : Strasbourg est éthique parce que "libre et ouverte, solidaire, symbole des droits de l'homme, tradition coopérative et partenariale."
J'ai beau relire… je vois pas… ou plutôt si, la tradition coopérative ce doit être pour les COOP de quartier, sans doute.
Je sais, je râle encore et je pourrais être positif, trouver que c'est une bonne chose pour Strasbourg qui (je cite pêle-mêle les infos du texte officiel de la Ville) souhaite affirmer son positionnement, étendre son rayonnement, marquer son identité forte, développer son attractivité…
Finalement, ce n'est pas spécialement le lancement de la marque qui me pose problème.
Bon d'accord, ça a dû coûter un bras cette affaire, mais après tout ce n'est que de l'argent public, donc même pas mal (l'agence Dagré Communication a été rémunérée 23.760 euros. Ce coût ne comprend pas l'élaboration d'un logo et d'une charte graphique, qui devraient être dévoilés à échéance de quelques semaines.)
Ce qui me dérange vraiment, c’est de savoir à quoi ça va bien pouvoir servir que Strasbourg soit "Europtimist" ?
- A chaque session du Parlement européen on lit, dans la presse locale, des pleines pages sur le ras-le-bol des sessions délocalisées à Strasbourg.
- La Fondation Européenne de la Science ainsi que l'International Human Frontier Science Program Organization risquent fort de quitter la ville.
- L'aéroport international de Strasbourg-Entzheim a plus que du plomb dans l'aile.
- ...
Et pour être tout à fait franc, je n'ai vraiment pas l'impression que les pouvoirs publics en place fassent ou puissent faire quelque chose pour que la tendance s'inverse.
Et quand je lis que "la stratégie de lancement de la marque s'inscrit dans le cadre du MIPIM (marché international des professionnels de l'immobilier)" qui se tient du 8 au 11 mars 2011 à Cannes, j'avoue ne plus rien y comprendre.
Sauf une chose : demain, posséder un Europtimist-appartement en zone 30 à Strasbourg n'aura pas de prix !!!
Et vous, vous en pensez quoi ?
lundi 18 janvier 2010
Pollueuses de cigognes !

En attendant, vivement le marché de Noël place Tian'anmen… les cigognes voyageront moins !!!
Source : DNA
Cliquez sur l'image pour l'agrandir :

vendredi 27 novembre 2009
Strasbourg ferme son aéroport !
Bref, j'ai pu constater que, soit le développement des transports aériens n'avait pas encore atteint l'aéroport international de Strasbourg-Entzheim, soit il l'avait déjà fui.
Il faut dire que depuis l'affaire DHL en 1996, puis le départ de Ryanair en 2003, suite au recours de Brit Air, filiale d'Air France, la situation de l'aéroport international de Strasbourg-Entzheim périclite.
Que l'aéroport international de Strasbourg-Entzheim disparaisse ne me paraît pas choquant en soi, même si, en termes d'image, la ville de Strasbourg a du mal à le concevoir, elle qui se veut capitale de plein de choses, y compris de l'Europe.
Ce qui me fait décoller de mon siège, c'est plutôt le traitement de cette longue agonie et l'acharnement thérapeutique à coup d'aides publiques. Pourtant, à regarder les chiffres de la fréquentation, l'issue paraît inéluctablement fatale. 2 037 000 passagers en 2006, 1 333 000 en 2008 et prévision de 1 163 000 pour 2009 !
Mais comme c'est si souvent le cas, quand ça va mal, on rafistole comme l'on peut plutôt que de prendre des décisions plus radicales.
En l'occurrence, pourquoi ne pas prendre la décision de fermer l'aéroport international de Strasbourg-Entzheim, décision certes difficile à prendre mais courageuse et faire d'une faiblesse d'aujourd'hui une force pour demain ?
Imaginons : Strasbourg renonce à son aéroport. Strasbourg, capitale de l'Europe, s'engage pour un environnement à l'empreinte carbone réduite. Strasbourg dit non aux avions, mais Strasbourg vous attend et Strasbourg ira vous cherchez où que vous arriviez. Ça a de la gueule, non ??
Vous devez vous dire que Le Strasbourgeois délire, qu'il a du plomb dans l'aile ? Je ne crois pas. Au contraire. Explications :
- De Bâle-Mulhouse à Francfort, existent 6 aéroports (EuroAirport, Stuttgart, Francfort, Karsruhe/Baden, Entzheim et Lahr).
Au total, dans un rayon de 240 km, on en dénombre une douzaine.
© i-strasbourg.com 2005
- Bâle attire plus de 4 millions de passagers, Stuttgart près de 10 millions, Francfort plus de 50 millions et Baden est au même niveau que Strasbourg en termes de fréquentation.
- Depuis 2007, les lignes au départ de Strasbourg et à destination de Moscou, Vienne, Munich, Istanbul et Milan ont fermé.
- La ligne vers Bruxelles est fortement concurrencée par des TGV spéciaux lors des sessions parlementaires.
- Il n'y a que 12 destinations internationales contre 73 à Bâle-Mulhouse.
Pas la peine d'en dire plus. Ça va mal.
Mais quand ça mal, on accuse les autres, c'est tellement plus facile. Les méchants suisses et allemands qui osent concurrencer de manière déloyale notre tout beau et tout joli aéroport. Cependant, la concurrence est la même pour eux, mais ils se développent, c'est bizarre, vous ne trouvez pas ?
J'ai même lu que la navette Lufthansa (6 départs quotidiens de Strasbourg et à destination de Francfort) agissait "comme « prédateur » des lignes opérées par les compagnies aériennes depuis l'aéroport de Strasbourg." Depuis que j'ai lu ça, j'évite de croiser, surtout la nuit, cette navettus horribilis, monstre aux longues dents jaunes et blanches.
Arrêtons 5 minutes de se foutre de la gueule du monde et de taper sur les autres. Ce ne sont pas les suisses et les allemands, mais les riverains de l'aéroport international de Strasbourg-Entzheim (ils étaient 15 000 dans les rue de Strasbourg le 14 septembre 1996 répondant à l'appel de l'Union pour la fermeture de nuit de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim) qui ont fait virer DHL.
Ce ne sont pas les suisses et les allemands, mais Air France qui a fait dégager Ryanair en 2003, à Baden justement (juste pour se faire du mal, en 2002, Ryanair transportait 15 000 personnes par mois vers Londres, 3 500 aujourd'hui avec Air France).
Ce ne sont pas les suisses et les allemands, mais Air France qui, préférant alimenter ses "hubs" de Paris CDG, Amsterdam et Lyon, ne cherche qu'à obtenir la meilleure rentabilité au siège sans passer par une augmentation du nombre de passagers ou des destinations au départ de Strasbourg, aboutissant au final à la fermeture de lignes nationales.
Et pourtant, les politiques s'entêtent à coups de millions d'euros. Ils financent l'installation de la gare d'Entzheim aéroport pour rejoindre le centre ville en 9 minutes, avec 4 fréquences par heure dans les 2 sens de 5h30 à 23h30, avec une liaison piétonne semi couverte de 120 mètres permettant d'accéder directement des quais de gare à l'aérogare. Ils financent des plans stratégiques de développement de l'aéroport et notamment, mais attention à ne pas rire, "une action de lobbying auprès d'Air France afin d'améliorer la qualité de service et de rendre la politique tarifaire plus attractive" (source, Le Strasbourgeois), comprenez, faites un sourire au passager et baissez un peu vos tarifs et on vous filera plein de thunes.
Et pourquoi ne pas financer, sérieusement, intelligemment, avec un cadencement réfléchi, le développement de navettes, par cars ou trains régionaux et/ou binationaux, vers les aéroports suisses et allemands et de décider, courageusement, de fermer l'aéroport international de Strasbourg-Entzheim ?
En termes d'image, la fermeture serait moins désastreuse que celle qu'a, aujourd'hui, le pauvre touriste arrivant à l'aéroport de Baden et cherchant une navette pour Strasbourg. Il peut toujours chercher, il n'y en a pas. Enfin si, mais privée et sur réservation préalable.
A l'EuroAirport de Bâle-Mulhouse, il y a bien une navette qui vous amène à la gare de Mulhouse, mais après une certaine heure, il n'y a plus de train pour Strasbourg. Et vous dormez à la gare, c'est chouette, non ???
A mon avis, en termes d'image, de telles mésaventures sont dévastatrices pour Strasbourg, bien plus que ne pourrait l'avoir la fermeture de l'aéroport international de Strasbourg-Entzheim.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
jeudi 5 novembre 2009
Le Strasbourgeois passe une vitesse et fait un tête-à-queue, mais l’Alsace gagne son rallye !
Pour 2010, en chiffres ça donne ça : 1 327 km entre cols vosgiens et chaussées de plaine, dont 344 km de spéciales et 983 km de routier (source : Le Strasbourgeois).

Photo©Didier Vereeck
Le dossier alsacien a été préféré à l'unanimité à celui de la Corse. Le sextuple champion du monde, Sébastien Loeb, va ainsi pouvoir conduire "à la maison" dès la saison prochaine. La décision de choisir l’Alsace s’explique "en examinant notamment les apports financiers des collectivités territoriales" (ben voyons… sont pas fous à la Fédération), précise la Fédération (des subventions annuelles pour un total de 1,5 million d'euros, promises, pas encore votées, par les collectivités alsaciennes).
"Cette décision contribuera au rayonnement de l'Alsace dans le monde", estime de son côté le président du conseil régional, l'UMP André Reichardt pour qui "cet événement populaire induira des retombées économiques très importantes" pour l'Alsace.
Si moi, Le Strasbourgeois, j'ai bien tout suivi ces dernières semaines, je récapitule pêle-mêle : le super-géant-sapin-de-Noël-qui-vient-d'être-coupé-et-qui-est-tellement-grand-que-c'est-le-deuxième-plus-grand-du-monde-après-celui-de-Rockfeller-Center-de-New-York, le marché de Noël exporté au Japon, le pavillon de l'Alsace à l'exposition universelle de Shanghai 2010, les peut-être matchs de l'Euro 2016 à la Meinau et maintenant le Rallye d'Alsace…
Amis Strasbourgeois et Alsaciens, planquez-vous…, d'ici peu, le monde entier va débarquer sur notre belle terre, entre Vosges et Rhin.
Faudra sortir avec un parapluie solide tellement qu'il va y avoir de retombées économiques vu le sûr-et-certain-méga-rayonnement-dans-le-monde.
Alors pourquoi, vous dites-vous, Le Strasbourgeois râle-t-il encore alors que sa ville et sa région se mettent en avant ?
Parce qu'il s'en tape du rallye d'Alsace (ben oui il fait du vélo), parce que ça va coûter un max de thunes aux collectivités (1,5 x 3 = 4,5 M€ au minimum), parce que le championnat du monde des rallyes reste une compétition anecdotique avec 60 000 licenciés à la Fédération française du sport automobile (pour information, il y en a 470 000 à la fédération française de pétanque et de jeu provençal)… parce que Sébastien Loeb, natif d'Oberhoffen (en Alsace, près de Haguenau, pas en Allemagne… mauvaises langues), habite en Suisse où les impôts sont plus intéressants pour lui (ok… digression inutile) et parce qu'après tout le raouf sur les grenelles de l'environnement (on en est au combientième au fait ?? j'ai arrêté de les compter)… on vient nous coller une compétition polluante, à l'emprunte carbone pas anecdotique du tout pour le coup.
Amis Alsaciens et Strasbourgeois, du 1er au 3 octobre 2010 (date du rallye d'Alsace), tous dans les Vosges, en vélo, roller, trottinette, échasses, montgolfière, caddies, pousse-pousse, à cheval ou à dos d'ânes (corses)… pour une gigantesque chasse aux champignons (ceux des bolides ou ceux des sous-bois, au choix).
Le mal étant fait, il faut espérer une chose pour le rayonnement de l'Alsace… que Sébastien ne perde pas son titre sur ses terres… ça serait le comble !!!

